Portrait of a Lady on Fire est un coup de poing émotionnel

Le plan final du Portrait of a Lady on Fire de Céline Sciamma est bouleversant. C'est l'aboutissement des deux heures qui l'ont précédé, mais c'est plus que la fin d'un film. C'est tout un cycle de vie d'une histoire d'amour, comme l'exprime le visage de l'actrice Adèle Haenel, accentuant les hauts et les bas émotionnels que nous venons de voir à travers la rapidité et l'intensité avec lesquelles ils se déroulent dans ce seul plan. C'est incroyable et témoigne de la qualité du film de Sciamma ; c'est passionnant de se précipiter à travers les arbres, mais l'ampleur du film ne s'enfonce pas jusqu'à ce qu'elle se retire pour montrer toute la forêt.

Situé à la fin du XVIIIe siècle, le film met en vedette Haenel dans le rôle d'Héloïse, une jeune femme fiancée à l'ex-fiancé de sa défunte sœur. Elle devrait s'asseoir pour un portrait à envoyer à son futur mari avant le mariage, mais a refusé. Marianne (Noémie Merlant) est engagée dans un stratagème pour terminer un tableau à l'insu d'Héloïse ; La mère d'Héloïse dit à Marianne de se poser en compagne, et de faire le portrait de sa fille en secret.

La mission de Marianne l'oblige à observer Héloïse d'aussi près qu'elle le peut, en mémorisant ses traits et ses manières si exactement qu'elle peut les reproduire sans référence. Cette familiarité visuelle devient également émotionnelle, car les femmes s'ouvrent les unes aux autres pendant leur temps ensemble. Sciamma a révélé très tôt la tromperie de Marianne; ce qui rend doux-amer l'amour naissant entre Marianne et Héloïse n'est pas ce prétexte initial, mais l'inéluctabilité de la fin de leur relation.

Héloïse (Haenel) en feu. Photo : néon

Bien que les deux femmes soient libres d'esprit, leur autonomie apparente a ses limites, alors que le jour du mariage d'Héloïse se rapproche de plus en plus. Leur liaison n'est possible que parce que le domaine familial d'Héloïse est situé sur une île, à l'écart du reste du monde. Marianne et Héloïse sont dans une capsule, autorisées à créer de l'art et tombent amoureuses de qui elles veulent, ne serait-ce que pour un instant. La question de savoir si le portrait sera terminé n'est pas le moteur du film. Du fait de l'époque où elles vivent, la relation de Marianne et Héloïse est vouée à l'échec, et toutes les deux le savent.

Alors qu'ils entrent dans une routine de promenades quotidiennes autour de la propriété, Sciamma utilise le devoir de Marianne d'observer Héloïse comme une fenêtre pour que le public fasse également connaissance avec les personnages. A travers Marianne, on voit les moindres changements dans le comportement d'Héloïse et ses moindres gestes. Mais cette observation n'est pas unilatérale ; Héloïse regarde aussi Marianne, et les deux sont souvent cadrées ensemble, côte à côte, ou sortant des silhouettes l'une de l'autre comme s'il s'agissait d'un seul personnage coupé en deux.

Deux personnages au bord de l'eau. Photo : néon

Sciamma et la directrice de la photographie Claire Mathon rendent chaque image du film tout aussi belle, plongeant des scènes nocturnes dans un clair-obscur - une obscurité totale, avec des scintillements lumineux occasionnels d'or et d'ambre - et permettant aux couleurs de ressortir pendant la journée, à partir du tissu de Marianne et Héloïse vêtements de 's au fracas des vagues qui les entourent. Chaque image pourrait facilement tenir debout, et elles sont clairement conçues comme une représentation de ce que voient Marianne et Héloïse, plutôt que la projection des désirs de quelqu'un d'autre.

Il n'y a pas d'hommes sur l'île, bien que les pressions de la société patriarcale soient inévitables, et Sciamma et Mathon restreignent le regard masculin au but de la peinture de Marianne. Une fois que la mère d'Héloïse quitte l'île pour laisser à Marianne et Héloïse la place de terminer le portrait, elles brisent les frontières, dînant et bavardant avec la femme de ménage Sophie (Luàna Bajrami) d'égal à égal, plutôt que de suivre les normes attendues. Ils vivent brièvement leur vie à leur guise, y compris en tombant amoureux pour le bien de personne d'autre que le leur.

Au fur et à mesure que leur relation progresse, ils reviennent sans cesse à l'histoire d'Orphée, qui a perdu son amour Eurydice après avoir désobéi à l'ordre de ne pas la regarder jusqu'à ce qu'ils se soient échappés ensemble de la pègre. Héloïse dit qu'elle le comprend. Il a choisi un seul moment de certitude dans ce regard en arrière vers son amant sur une incertitude sans fin, tout comme Héloïse et Marianne choisissent une liaison dont elles savent qu'elle doit se terminer. Sciamma se concentre sur ce chagrin d'amour aigre-doux dans le dernier plan du film, se rapprochant de plus en plus du visage d'Héloïse alors qu'elle se souvient avoir vu son Eurydice disparaître.

Portrait d'une dame en feu est maintenant en salles.

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